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VENEZ DECOUVRIR ET PARTAGEZ LES COUPS DE COEUR DES BIBLIOTHECAIRES

MAZZANTINI Margaret / Venir au monde. – R. Laffont ; R MAZ

Gemma décide de partir avec son fils Pietro pour Sarajevo, ville où il est né par hasard, en pleine guerre, 16 ans plus tôt. Sarajevo est aussi la ville où est mort Diego, le père de Pietro, peu de temps après la naissance de son fils. Ce dernier n’est pas chaud pour faire ce voyage, son père biologique ne l’intéresse pas, la Bosnie ne l’intéresse pas, les connaissances de sa mère ne l’intéressent pas…
Pourtant, il va prendre goût à ce voyage, tout comme le lecteur qui, contrairement à Pietro, va apprendre la vérité sur sa naissance.

Un roman superbe où se mêlent l’amitié, l’amour, la joie, la peine…

Chantal, juillet 2010

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CARRIERE Jean-Claude, ECO Umberto / N’espérez pas vous débarrasser des livres : entretiens menés par Jean-Philippe de Tonnac. – Grasset ; 028 CAR

Jean-Claude Carrière et Umberto Eco, tous deux écrivains (mais aussi scénariste pour le premier et philosophe pour le second), se sont lancés dans ce livre dans une discussion à bâtons rompus sur les livres mais également sur des sujets aussi disparates que la vieillesse, la culture au sens large, la politique, la bêtise… Tout cela avec beaucoup d’humour et d’humilité, ce qui ne gâche rien.

Un livre qui se lit avec plaisir, sur lequel on n'hésite pas à revenir tellement ce que disent ces deux hommes est intéressant.

Chantal, mai 2010

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LEROY Gilles / Zola Jackson. – Mercure de France ; R LER

Août 2005. New Orleans. L’ouragan Katrina est sur le point de sévir. Zola Jackson, institutrice à la retraite a décidé de rester dans sa maison avec Lady, sa chienne. Durant les 5 jours que va durer ce tête-à-tête, Zola va se souvenir : son fils Caryl, son mari Aaron, sa poupée de petite fille fabriquée par sa grand-mère, les enfants à qui elle a appris à lire et à écrire…

Un roman quelquefois drôle mais surtout émouvant. Un cri d’amour d’une mère pour son fils mais aussi l’oubli dont à fait preuve le gouvernement américain lors de cette catastrophe.

Chantal, avril 2010

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MORGIEVE Richard / Un petit homme de dos. – J. Losfeld; R MOR orange

Février 1942. Andrée, une jeune veuve rencontre Stéphane, dont la petite taille est compensée par un charisme et une gouaille incroyables. C’est le coup de foudre ; le grand, le vrai amour qui fera qu’Andrée va épouser son petit Polonais, malgré ses magouilles et ses infidélités.

Richard Morgiève raconte dans ce livre rempli de tendresse la vie de sa famille. De sa mère, femme aimante et adorée. De ses frères et sœurs, personnages à part entière de ce roman. Mais surtout de son père, homme incroyable, toujours suivi de son clan, des Polonais exilés comme lui, qui donneraient leurs vies pour Stéphane et sa famille. C’est une déclaration d’amour troublante qu’offre Morgiève à ses parents qu’il a si peu connu.

Mathilde, avril 2010

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CHEVILLARD Eric / Choir. – Ed. de Minuit ; R CHE

L'île de Choir est un enfer terrestre, ou les catastrophes naturelles s’additionnent à la malignité des habitants pour créer un climat de vie épouvantable. Les habitants désabusés y tournent en rond en subissant encore et encore les mêmes tourments. Leur seul espoir provient d’un ancêtre légendaire, Ilinuk, qui reviendrait pour les sauver.

Ce roman très descriptif alterne les gémissements et cris de désespoir du narrateur qui décrivent la vie calamiteuse sur cette île et d’autre part la geste de leur ancêtre mythique. On se prend au jeu de suivre avec intérêt ce récit légendaire, mais surtout de découvrir toujours plus de noirceur et de monstruosité qui font l’ordinaire de cette île. L’accumulation des malheurs et la perversité des habitants de Choir offre une excellente composition d’humour noir.

Maxime, avril 2010

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BENCHETRIT Samuel / Le cœur en dehors. – Grasset ; R BEN

Charlie, alors qu’il part à l’école, voit sa mère emmenée par des policiers. Il sèche donc les cours pour partir à la recherche de son frère, et passe alors une journée seul, à traîner dans le quartier à tenter de trouver du réconfort et à se rappeler de nombreux souvenirs...

Charlie est très attachant, et on s’inquiète avec lui de l’interpellation de sa maman. Son errance est l’occasion de nous offrir des commentaires naïfs et drôles sur la banlieue, sa famille et ses copains. Le roman nous montre une vision innocente de la cité grâce à Charlie, mais un tableau plus réaliste transparaît qui donne au récit une profondeur.

Maxime, avril 2010

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AUDOUARD Antoine / L’Arabe. – Ed. de l’Olivier ; R AUD

Le jour, il travaille sur un chantier de terrassement. La nuit, il dort dans une cave prêtée par un villageois. Pourquoi se cache-t-il ? Personne ne le sait… Lorsqu’un meurtre a lieu, les soupçons se portent sur lui. Une jeune femme un peu sauvage, un peu indienne, lui fait croire, le temps d’une nuit, à l’amour. Un commandant de gendarmerie s’efforce d’empêcher le lynchage qui se prépare. Mais personne ne sera capable d’arrêter la spirale infernale.

Un roman qui nous entraîne dans l’enfer du racisme gratuit et de la haine ordinaire. Où le mensonge appelle le mensonge et la violence, la violence

Chantal, mars 2010

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STRASSER Todd / La vague. – J.-C. Gawsewitch ; R STR

Dans les années 70, aux Etats-Unis, un professeur d’histoire a l’idée de créer un mouvement expérimental dans sa classe pour faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves. En quelques jours, l’air va devenir irrespirable dans ce paisible lycée californien car tout le monde, à quelques exceptions près, va prendre ce « jeu » trop au sérieux…

Un roman édifiant et dérangeant à la fois, basé sur des faits réels. Une bande dessinée et un film en ont été tirés.

Chantal, mars 2010

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COBERT Harold / Un hiver avec Baudelaire. – Ed. Héloïse d’Ormesson ; R COB

Philippe a 28 ans. En l’espace de deux semaines, son univers va basculer d’une vie bien rangée à l’enfer de la rue. Tout commence quand sa femme le met dehors puis qu’il perd son travail. Il est alors pris dans une spirale diabolique dont il aura du mal à se sortir.

Voici un roman bouleversant, dans lequel se trouvent mêlées poésie et violence, misère sociale et dureté de la vie.

Chantal, mars 2010

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ROBINSON Richard / Pourquoi la tartine tombe toujours du côté du beurre. – Audiolib; 502 ROB d.c

Qui n’a jamais subi la loi de Murphy, autrement appelé la « loi de l’emm… maximum ? » Tout le monde en a forcément été victime : nous faisons TOUJOURS la queue à la caisse qui n’avance pas, notre nez se met TOUJOURS à gratter quand nous avons les mains prises, les bus arrivent TOUJOURS par trois, c’est TOUJOURS quand nous sommes pressés qu’il se passe quelque chose nous retardant, et la tartine tombe TOUJOURS du côté du beurre.

Eric Pierrot prête sa voix à Richard Robinson qui nous explique de manière très drôle, les tenants et aboutissants de cette loi. Il réussit tellement bien à vulgariser le sujet que l’on n’a pas l’impression d’écouter des explications scientifiques ! Un vrai moment de bonheur instructif.

Mathilde, février 2010

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GURNEY James / Dinotopia. – Albin Michel ; A GUR

En 1860 , un biologiste découvre un livre étrange dans une bibliothèque, qui relate une histoire plus étrange encore…
A la suite d’un naufrage, un homme et son fils sont sauvés par des dauphins avant d’être recueillis par les habitants d’une île appelée Dinotopia. Sur cette île, hommes et dinosaures vivent en bonne intelligence et s’apprécient mutuellement.

Un album superbe : son récit incroyable y côtoie des illustrations merveilleuses.

Chantal, février 2010

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QUENEAU Raymond / Exercices de style. – Gallimard ; A QUE

Cet album est tiré du livre de Raymond Queneau, l’un des créateurs de l’OULIPO. Ce livre consiste à raconter de 99 fois différentes la même histoire : celle d’un homme qui est bousculé dans un autobus par un type au long cou portant chapeau… A priori, rien d’exaltant. Pourtant cet exploit relève vraiment de l’exercice de style.

Les illustrations sont de plus de soixante-dix illustrateurs et graphistes qui ont fait preuve, comme Queneau, de créativité mais aussi de talent et d’humour.

Chantal, février 2010

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BERTRAND Jacques A. / Les autres, c’est rien que des sales types. – Julliard ; N BER

Voici un recueil de vingt « nouvelles », toutes plus drôles les unes que les autres. Chaque texte « étudie » un type de personne. Vous trouverez donc le con (con), le parisien (prétentieux), le provincial (provincial) mais aussi le psychorigide (désespérant) ou le Saint (canonisé).

Enfin, ce livre se termine sur un épilogue dans lequel l’auteur se raconte lui-même et où l’on pressent qu’il pourrait être un peu de chacun de ces « sales types ».

Chantal, janvier 2010

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HUY Minh Tran / La double vie d’Anna Song. – Actes Sud ; R HUY rose

Anna Song, la plus grande pianiste vivante dont personne n’a jamais entendu parler, vient de mourir, laissant derrière elle une œuvre discographique sans précédent. Paul Desroches, son mari et producteur, lui dresse un tombeau musical et littéraire, à la fois ode à une femme désespérément aimée, à une enfance engloutie dans le temps et à un pays perdu. Sur fond d’imposture et de falsification, quand le grand amour devient l’œuvre de toute une vie.

Le texte alterne narration et articles de presse.
Ce roman est inspiré d’une affaire réelle : celle de la pianiste Joyce Hatto.

Chantal, novembre 2009

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TESSARECH Bruno / Les sentinelles. – Grasset; R TES jaune

1938 : Accords d’Evian. Les chefs d’Etats doivent décider d’un lieu où envoyer les Juifs dont l’Allemagne ne veut plus. Aucun Etat ne veut les accueillir, la question est remise à plus tard. 1939, 1940, 1941…les années passent et de plus en plus de personnes sont témoins du sort des Juifs. De l’ingénieur allemand Wernher Von Braun qui ne s’en soucie guère en passant par l’officier Kurt Gerstein qui s’est engagé dans les SS pour tenter de sauver quelques vies, Bruno Tessarech dresse le portrait de quelques personnes qui ont traversé la Seconde guerre mondiale, dans une narration chronologique qui se termine en 2000. En filigrane, une question : comment est-il possible que des gens aient su ce qu’il se passait et que rien n’ait été fait pour l’enrayer?

L’auteur a réussi ici un livre poignant. A l’exception d’un personnage, toutes les vies relatées sont réelles, les faits sont vérifiables et cela fait vraiment froid dans le dos.
Bruno Tessarech a choisi volontairement la forme du roman pour toucher le plus large public possible. Espérons qu’il aura réussi…

Mathilde, octobre 2009

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CAMILLERI Andrea / Un été ardent. – Fleuve noir ; R CAM rouge

Le commissaire Montalbano est chargé par sa fiancée de trouver une maison de vacances à louer pour un couple d’amis et leur fils. Il dégotte la perle rare et la petite famille vient s’installer pour quinze jours. Mais, très vite le petit garçon du couple disparaît… pour être retrouvé au bout de quelques heures dans le sous-sol de la maison dont tout le monde, jusqu’à présent, ignorait l’existence. Seulement, Montalbano ne fait pas que retrouver l’enfant, il découvre aussi un cadavre dissimulé dans une malle. Une longue enquête commence…

Un polar à la sicilienne comme il faut en avoir lu au moins un dans sa vie. Tout y est : le suspense bien sûr , mais aussi la mafia, l’accent, la mer, le soleil…

Chantal, octobre 2009

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MacDONALD Kyle : Un trombone rouge. – Michel Lafon ; R MAC orange

Kyle MacDonald veut une maison mais n’a pas d’argent. Il a alors une idée de génie : obtenir cette maison grâce au troc.
Commence alors une aventure incroyable : il va d’abord troquer un trombone rouge contre un stylo en forme de poisson, puis le stylo contre une poignée de porte, puis la poignée de porte contre… jusqu’à obtenir une maison !
Son histoire va faire le tour du monde et, même si tous ces trocs n’ont lieu qu’au Canada (pays où il habite), Kyle sera appelé à se rendre aux Etats-Unis ou au Japon pour rencontrer des journalistes et répondre à des interviews.

Voici une histoire pas ordinaire, pleine de rebondissements, de gaîté et d’émotions. Kyle MacDonald a vraiment vécu tout cela, se qui rend cette aventure encore plus incroyable.

Chantal, octobre 2009

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LARDEMELLE Aysseline de / Douleur de peau. – Presses de la Renaissance ; R LAR orange

Peut-on être issue de la grande bourgeoisie française, éduquée dans la religion catholique et tomber amoureuse d’un Sénégalais pauvre et musulman ?
C’est ce qui va arriver à Aysseline de Lardemelle à l’âge de 23 ans à la fin des années 90.
Elle va vivre une relation amoureuse intense. D’abord lors d’un voyage au Sénégal puis en France après l’arrivée de Souleymane, l’élu de son cœur. Mais cette histoire n’est pas gagnée d’avance car sa famille va s’opposer farouchement à cette relation qu’elle juge complètement déplacée et surtout risquée. Même ses amis vont se permettre des commentaires désobligeants. Alors qu’ils n’ont jamais vu le jeune homme.
Deux fois elle rompra, partagée entre Souleymane et sa famille, deux fois elle reviendra, plus amoureuse que jamais.

Voici un récit, souvent touchant et parfois drôle, qui en dit long sur la société française et ses rapports à l’étranger. D’une écriture fluide aux chapitres courts, il se lit facilement.

Chantal, septembre 2009

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HAENEL YANNICK : Jan Karski. – Gallimard ; R HAE jaune

Jan Karski est l’homme qui, dès 1942, a dénnoncé l’extermination des Juifs en Pologne. Pour cela, il va devenir messager dans la Résistance polonaise auprès du gouvernement en exil à Londres. Il va traverser l’Europe pour alerter les Anglais mais va aussi rencontrer Roosevelt en Amérique.
Comme chacun le sait, tout cela ne servira à rien… 35 ans après, il racontera ses expériences dans Shoah, le film de Claude Lanzmann.
Ce livre est en trois parties. La première relate l’extrait de Shoah dans lequel apparaît Jan Karski. La seconde est un résumé du livre que Jan Karski a publié en 1944 (traduit en français en 1948 sous le titre Histoire d’un secret d’Etat puis réédité en 2004 sous le titre Mon témoignage devant le monde) La troisième est une fiction dans laquelle Yannick Haenel a retracé la vie de cet homme courageux.

Jan Karski a été fait juste parmi les nations au mémorial de Yad Vashem puis il est devenu professeur d’histoire à Georgetown avant de décéder en 2000.

Chantal, septembre 2009

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ELLORY R.J. / Seul le silence. - Sonatine ; R ELL rouge

Joseph Vaughan a 12 ans à peine quand son père meurt, il est donc élevé seul par sa mère à Augusta Falls, une petite ville de Géorgie, sous le regard également bienveillant de son institutrice, Alexandra, qui a décelé chez lui un réel potentiel d'écrivain. Cette vie paisible bascule dès lors qu'une petite fille est sauvagement assassinée. Les meurtres se multiplient. Avec ses copains d'enfance, Joseph crée le groupe des Anges gardiens, par le biais duquel ils se promettent de toujours veiller sur leurs petites voisines. Peine perdue bien sûr, ce ne sont que des gosses.
Parallèlement, on apprend que Joseph, devenu écrivain à succès, vient de tuer l’assassin des petites filles, 30 ans après le premier meurtre. Alors que la police ne l’a jamais interpellé, lui l’a retrouvé et a vengé ces enfants.

Au niveau thriller, l'intrigue est d'une efficacité rare - et franchement je défie les lecteurs de lâcher le livre avant de connaître l'identité du tueur de petites filles! L'empathie que l'on ressent pour le héros, qui voit tous ses proches mourir les uns après les autres, est étonnante.

Chantal, juillet 2009

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TARDIEU Laurence / Un temps fou. – Stock ; R TAR rose

Au début, c’est le souvenir d’une nuit, une nuit courte et interminable entre un homme et une femme, Vincent et Maud qui se rencontrent pour la première fois, qui devraient tout quitter l’un pour l’autre, s’enfuir ensemble, ne jamais revenir. Mais ça ne s’est pas passé comme ça, au petit matin Vincent s’éloigne. Il leur faudra plusieurs années pour se retrouver.
Cette fois, c’est lui qui l’appelle, Maud a beau être mariée, mère d’une petite fille, on dirait qu’elle l’attend toujours. Ils se revoient alors pour un travail en commun. Il est cinéaste, elle est romancière, est-ce un prétexte, une façon pour lui de se rapprocher d’elle…
Le temps passera encore. Un temps fou : cinq, huit, dix ans peut-être pour une dernière chance entre eux, au moins une autre nuit qui serait la dernière comme la première.

Un roman d’amour tout en finesse, qui se lit d’une traite tant les personnages sont attachants.

Chantal, juillet 2009

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KROL Torsten / Callisto. – Pocket ; R KRO

Odell Deefus, grand benêt de 23 ans, décide de s’engager dans l’armée, car c’est l’un des seuls emplois qui ne nécessitent pas de diplôme. Pour ce faire, il se rend au bureau de recrutement le plus proche, à Callisto. En arrivant dans la ville, sa voiture tombe en panne, juste devant une maison. Il entre demander de l’aide et rencontrer Dean Lowry, le neveu de la propriétaire, qui l’invite à rester quelques jours, le temps que sa voiture soit réparée. Le lendemain, Odell fait la découverte d’un trou grand comme une tombe derrière la maison.
Persuadé qu’il s’agit de sa prochaine demeure, il tue Dean…et découvre peu de temps après la tante de ce dernier dans le congélateur. Il alerte la sœur de Dean ainsi que la police et fait passer Dean pour un terroriste. Une chasse à l’homme nationale s’ensuit où Odell n’aura d’autres choix que de cacher la vérité ou de mentir, ce qui amplifiera la haine vouée à Dean et mènera notre héros de catastrophes en catastrophes.

Un roman sur l’Amérique profonde qui critique la politique menée par Georges W. Bush, le patriotisme ancré des Américains et la religion qui influe sur leur vie. On ne peut s’empêcher de penser au livre de Steinbeck « Des souris et des hommes » en accompagnant Odell, plein de bonnes volontés dans ses périgrinations.

Mathilde, juillet 2009

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LÄCKBERG Camilla / Le Prédicateur. – Actes Sud; R LAC rouge

Après avoir découvert Erika Falck et Patrick Hedström au cœur du vigoureux hiver de Fjällbacka dans le très bon  La Princesse des glaces, nous les retrouvons avec plaisir dans le petit port, cette fois sous la canicule.

Alors qu’Erika, enceinte, subit l’intrusion de la famille et des prétendus amis venus profiter de la station estivale, Patrick doit s’occuper d’une sordide affaire de meurtre : le corps d’une jeune femme est en effet retrouvé entreposé avec deux squelettes. Le lien est vite établit avec la disparition de deux jeunes filles 24 ans auparavant.
A l’époque, Johannes Hult, le fils du célèbre Prédicateur, avait été accusé Cette nouvelle affaire remet alors la famille Hult sur le devant de la scène.

Mathilde, juin 2009

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BELLO Antoine / Les éclaireurs. – Gallimard ; R BEL

On retrouve le héros, et narrateur, du roman précédent d’Antoine Bello, « Les falsificateurs » : Sliv Dartunghover. Celui-ci, malgré ses succès, continue à s’interroger sur les objectifs véritables du Consortium.
Il se voit cette fois confier par ses chefs une opération de noyautage très délicate au Timor, afin de parvenir à introduire des agents au sein même de l’ONU. Opération qui va l’obliger à collaborer avec son ennemie préférée, Lena. Une rivalité sans merci les oppose : chacun d’eux veut devenir le n°1 aux yeux des six personnages aux identités secrètes qui forment l’instance suprême de l’organisation.

Cette fois, Sliv et Lena vont s’entendre pour coordonner leur action et l’opération sera un succès mais Sliv recevra – à juste titre – des félicitations bien plus chaleureuses que Lena. Furieuse, elle décide de se lancer dans une guerre secrète et sans merci pour éliminer son collègue. Tous ces événements se produisent en 2001…
Aussi brillant et vertigineux que Les falsificateurs, profondément original, remarquablement documenté, ce roman est servi par une écriture dynamique agrémentée d’un humour élégant.

Chantal, juin 2009

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CAMPBELL WEBSTER Emma / Jane Austen et moi. – Danger public ; R CAM

Votre nom: Elizabeth Bennet. Votre mission: faire un mariage de raison et d'amour, tout en évitant les scandales de famille. Vous n'avez pour vous que votre esprit vif, votre bon sens, votre beauté "passable", et vous devez vous frayer un chemin à travers une infinité de choix qui détermineront votre propre destin romantique (et financier). Ne vous êtes-vous jamais demandé ce qui serait arrivé si Elizabeth avait accepté la proposition de Mr. Darcy, d'Orgueil et Préjugés, dès leur première rencontre? Ou si elle s'était sauvée des bras de Mr. Darcy pour se jeter dans ceux du capitaine Wentworth, de Persuasion? Voici l'occasion de le découvrir. Jane Austen et moi est ancré dans Orgueil et Préjugés, mais les choix proposés tout au long du livre vous mèneront au cœur des autres romans de Jane Austen, et dans un territoire imaginaire.

Jane Austen et moi est un labyrinthe d'amours et de mensonges, de séductions et de scandales, de mésaventures et de mariages, un véritable défi et un ravissement pour tous les amoureux de Jane Austen. La mission d'Elizabeth réussira-t-elle? Son destin est entre vos mains.
Un livre-jeu passionnant, drôle que l’on lit et relit dans se lasser.

Chantal, juin 2009

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MONESTES Jean-Louis / Faire la paix avec son passé. – Odile Jacob ; 155.92 MON

Nos souvenirs nous attirent vers le passé mais notre vie se passe maintenant ! Regrets, traumatismes, deuils, mais aussi nostalgie des moments heureux : nous souvenons-nous trop ? Comment faire pour que notre passé ne parasite pas notre présent ? Comment accepter sereinement nos souvenirs et les émotions qui les accompagnent ?

Ce livre nous aide à sortir du piège de la mémoire. Il nous explique pourquoi il est si difficile d’oublier, et nous montre comment cesser de vouloir tout contrôler.

Chantal, juin 2009

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BOULLOSA Carmen / Eux les Vaches, nous les porcs. – Le Serpent à plumes ; R BOU

« Eux les vaches, nous les porcs » est un roman d’aventure historique où l’on suit un jeune homme débarqué comme esclave dans les Caraïbes au XVII° et qui devient médecin attitré d’une équipe de pirates. Il participe alors aux campagnes de rapines de François l’Olonnais, flibustier célèbre pour sa cruauté, et témoigne des violences de celui-ci. Le repaire des ‘frères de la côte’, la confrérie de pirates, est l’île de la Tortue. Elle accueille également prostituées, huguenots en fuite, esclaves, boucaniers et commerçants aventuriers. Toute cette société est organisée de façon quasi républicaine : Elle interdit la propriété, se moque de la religion et de la Couronne d’Espagne et adopte des règles de vie basées sur l’entraide et le partage.

L’île de la Tortue est alors à son apogée et c’est dans ce climat complètement fou d’une utopie qui prend forme, que le personnage devient acteur de toutes les dérives et expériences de cette période historique à propos du droit de propriété, de l’esclavage, du statut des indigènes et de la violence face à l’autorité.

Cette liberté transparaît dans le roman et offre un climat ambigu où une vie sans contraintes se paie souvent par une mort précoce.

Maxime, février 2009

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JENSEN Liz / La neuvième vie de Louis Drax. – J’ai lu ; R JEN

Louis Drax a neuf ans et, depuis sa naissance, il a eu plusieurs accidents graves. Lors d’un pique-nique avec ses parents, il tombe dans un ravin et meurt. Alors que son corps est sur le point d’être autopsié, il revient à la vie, avant de tomber dans le coma.

Un roman choral dans lequel se mêlent humour, parapsychologie, tendresse et suspense et que l’on a envie de lire d’une traite tant il est captivant.

Cette fiction va être très prochainement adaptée au cinéma par Anthony Minghella (réalisateur du Patient anglais).

Chantal, février 2009

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DURIF Eugène / Laisse les hommes pleurer. – Actes Sud ; R DUR

Léonard vient de perdre son travail et, ne sachant quoi faire de son temps, il décide de se replonger dans son enfance. Il quitte alors la Bretagne et part sur les traces de son presque frère, celui qui a partagé les pires moments de sa vie, lorsqu’ils avaient une dizaine d’années. C’était au début des années 70 et ils avaient été « recueillis » par une famille de fermiers, dans la Creuse. Léonard était ce qu’on appelait alors un enfant de la Population française et Sammy un déplacé de la Réunion.

Voici un roman d'une tristesse insondable, qui fait mal par la justesse de ses propos. Léonard est un personnage digne, qui a vécu comme il le pouvait : avec ce qui lui était donné au départ, c’est-à-dire pas grand-chose. De plus ce livre nous apprend beaucoup de choses sur la loi Debré qui a fait déplacer des milliers de réunionnais vers la métropole de façons plus ou moins légales dans les années 60 et 70.

Chantal, janvier 2009

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FOURNIER Jean-Louis / Où on va papa ?. – Stock ; R FOU

Jean-Louis Fournier, auteur de pièces de théâtre, de sketches et d’essais divers et variés est aussi le père de trois enfants dont deux garçons handicapés. Ce texte autobiographique relate les relations que l’auteur a eues avec ces deux enfants.

Voici un témoignage tragique et drôle où se mêlent horreur et amour, malheur et tendresse et dont on sort exsangue et émerveillé par sa violence. Après avoir fermé ce livre, on n'oubliera jamais Mathieu et Thomas, héros malgré eux.

Ce livre a obtenu le prix Fémina 2008.

Chantal, janvier 2009

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Business Class / Martin Suter. – C. Bourgois ; N SUT

Un recueil de très courtes nouvelles satiriques sur les travers de notre société contemporaine.
Martin Suter offre avec ces 14 chroniques amusantes un tableau acerbe et déshumanisé du monde du travail , avec un bel équilibre entre le climat réaliste de ces histoires, et leurs intrigues absurdes qui tournent à la farce.

Maxime, janvier 2009

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MARTIN Roger / Jusqu’à ce que mort s’ensuive. – Le Cherche Midi ; R MAR

Douglas est un jeune noir américain qui veut entrer dans les Marines mais son dossier, pourtant irréprochable, est rejeté. Il finit par apprendre la raison de ce rejet : son grand-père paternel, ancien GI’s a été pendu pour viol en 1944 en Normandie. Douglas se lance alors dans une enquête qui le mènera dans cette région de France ainsi que dans le Nord et en Belgique et lui fera découvrir une famille dont jusqu’à présent il ignorait l’existence. Au fur et à mesure de ses recherches, les gens qui lui donnent des renseignements meurent et il s’aperçoit qu’il est suivi. Ce qu’il apprend dépasse tout ce qu’on peut imaginer…
Un roman basé sur des faits réels qui nous apprend beaucoup de choses sur la face cachée de l’armée américaine durant la deuxième guerre mondiale et la façon dont le sujet a été traité par les gouvernements successifs de ce pays jusqu’à présent.

Chantal, janvier 2009

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DUTEURTRE Benoît / Les pieds dans l’eau. – Gallimard ; R DUT orange

Benoît Duteurtre est l’arrière-petit-fils de René Coty. Dans ce roman autobiographique, il revient sur l’élection de son illustre aïeul bien sûr, mais aussi sur sa propre enfance entre Le Havre et Etretat. Entre les deux, il nous présente sa grand-mère et sa grande tante (filles du président), leurs neuf filles respectives (surnommées « les cousines ») et le seul garçon de cette génération (oncle de l’auteur).
De la bourgeoisie aux catholiques férus, voici une fresque sociale juste jusque dans la satire d'une société en mutation, tiraillée entre un besoin de liberté et l'obsession de tout réglementer pour la contenir.
Tout est juste et charmant dans ce livre presque aussi délicieusement désuet que son sujet.

Chantal, janvier 2009

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Ces ruines que tu vois /Jorge Ibargüengoita. – Phébus ; R IBA

Un professeur qui a longtemps vécu à Mexico retourne dans sa ville natale, appelé à un poste d'enseignant à l'université. La petite ville en question s'enorgueillit d'un passé prestigieux, mais le tout est passablement délabré à l'heure qu'il est.
Le narrateur et ses collègues universitaires passent leur temps entre nuits blanches de bar en bar,occupations vaines et amours risibles, au sein d'une société bien vulgaire et mesquine. C'est avec ce livre qu'Ibargüengoitia invente la province imaginaire du Plan d'En-bas, supposéeincarner le coeur même de la « mexicanité ». Cette description si peu complaisante du Mexique enchantepar sa dérision et son réalisme, mais aussi par son fond universel.

Maxime, décembre 2008

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GUTMAN Claude / Un secret derrière la porte. – De la Martinière ; R GUT ado

Stéphane a 14 ans quand, tout à fait par hasard, il apprend un secret de famille lourd de conséquences. De ce jour, sa vie bascule : il devient agressif, ne suit plus en classe, pleure, s’échappe… et ment, comme on lui a menti, par omission, depuis sa naissance.
Un roman (autobiographique) qui fait réfléchir : jusqu’à quel point peut-on taire la vérité à nos enfants ? Comment une famille entière peut-elle cacher un secret qui touche l’enfant lui-même ?

Chantal, novembre 2008

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RAHIMI Atiq / Syngué sabour : Pierre de patience. – P.O.L. ; R RAH (Prix Goncourt 2008)

Quelque part en Afghanistan, ou ailleurs, une femme veille son mari, inconscient après avoir reçu une balle dans la nuque. Elle prie pour lui, le lave, change son goutte à goutte, prend soin de ses yeux. Après plusieurs jours, elle se met à lui parler, sans savoir s’il l’entend. Elle lui parle de lui, d’elle, de leurs parents respectifs, de leurs deux filles. Enfin elle se confie, elle qui jusqu’à présent se taisait parce que femme.
Un roman de femme écrit par un homme, ce n’est pas courant. Un roman qui parle aussi bien de certaines femmes musulmanes écrit par un musulman, ça l’est encore moins. Ce texte est touchant et passionnant à la fois, facile d’accès, il se lit d’une traite.

Atiq Rahimi est d’origine afghane. Il vit en France depuis 1984 (il a du fuir son pays et demander l’asile politique). Ce roman est le premier qu’il écrit directement en français.

Chantal, novembre 2008

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RAMOS Pablo / L’origine de la tristesse. – Métaillé. R RAM orange

Dans ce roman largement autobiographique, Pablo Ramos nous conte l’histoire très belle et empreinte de mélancolie d’un groupe de préadolescents dans l’Argentine de Peron : la bande des gamins, menée par Gabriel, dit l’Epervier, 13 ans

Une vie faite de petites combines, d’ivresses, de découverte de la sexualité et… de la tristesse qui les mènent vers l’âge adulte.

Mathilde, octobre 2008

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LAPIERRE Alexandra, MOUCHARD Christel / Elles ont conquis le monde : les grandes aventurières 1850-1950. – Arthaud ; 305.4 LAP

Qui connaît Ida Pfeiffer, Charmian Kittredge ou encore Isa Johnson ? Presque personne. Pourtant, en leur temps, ce furent de grandes aventurières. Comme beaucoup d’autres femmes présentes dans cet ouvrage, elles ont bravé les interdits de leur époque, se sont séparées des carcans dans lesquels la société bien-pensante les enfermait et ont parcouru le monde à la découverte de nouvelles expériences et quelquefois de nouvelles terres. Restées méconnues en raison de leur sexe et parfois de leur amant, ces femmes sortent enfin de l’ombre grâce à ce magnifique livre qui leur rend si bien hommage.

Mathilde, octobre 2008

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GOBY Valentine / Qui touche à mon corps je le tue. – Gallimard ; R GOB

1943. D’une aube à l’autre, trois personnages dévident le fil de leur vie. Marie G., avorteuse, attend au fond d’une cellule une grâce présidentielle qu’elle n’espère plus. Elle comprend que tout comme elle n’a aucune maîtrise sur sa mort, elle n’en a jamais eu sur sa vie. Même « faiseuse d’anges » elle l’est devenue par hasard et a continué dans cette voie pour offrir un peu de bonheur facile à ses anges à elle, ses deux enfants, son seul réconfort. Henri D., bourreau, vient de recevoir l’ordre d’exécution de Marie G. Comme à chaque fois, les ténèbres se referment sur lui pour laisser les démons de son passé l’assaillir. Des souvenirs qui lui permettent de se détacher lentement de toute humanité pour n’être plus, à l’aube, que l’Exécuteur.

Lise L., enfermée dans son appartement, attend que la sonde placée en elle fasse son œuvre. Pourquoi a-t-elle choisi de ne pas porter cet enfant ? Ce corps, dans lequel elle se sent étrangère, cette peau, qui recouvre son vrai moi comme un voile opaque, elle a décidé de les déchirer pour s’appartenir enfin. Ce roman à trois voix, rythmé par le passage des heures avant la prochaine aube, sonde les âmes, sans échappatoire possible.

Isabelle, octobre 2008

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ALMENDROS Julien / Vue sur la mère. – Le Dilettante ; R ALM

Vue sur la mère aurait pu s’appeler Règlements de comptes avec maman…
Une maman ogresse, envahissante, étouffante, avec ses (petites) qualités et ses (gros) défauts, son dévouement parfois hors de propos et souvent hors de proportions, son goût pour les disputes dont elle ressort à chaque fois victorieuse dans son rôle de victime incomprise, son ironie mordante pour les petites amies de son fils…

Le narrateur, Julien, raconte sur un ton caustique et indéniablement juste, la longue et difficile émancipation d’un fils. Beaucoup d’amour… et autant de haine. Avec néanmoins une vraie tendresse.

Isabelle, octobre 2008

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ZAOUI Samuel / Saint-Denis bout du monde. – L’Aube ; R ZAO

Le père de Souhad, alors qu’il vit en France depuis des années, décide de rentrer au bled après avoir pris sa retraite. La jeune femme doit s’occuper de ses plantes, dans sa maison de Saint-Denis, où elle n’est pas retournée depuis de nombreuses années. Elle fait alors la rencontre de trois petits vieux avec qui elle va entreprendre un voyage singulier : traverser toute la France, en faisant bon nombre de détours, pour rejoindre à son tour l’Algérie et retrouver son père. Ils seront conduits en camionnette par un grand Noir taciturne, vigile de son état. Commence alors un voyage totalement improbable…

Voici un texte polyphonique d’une grande tendresse qui relate des vies difficiles et malmenées. Les personnages y sont tous plus touchants les uns que les autres. C’est un premier roman qui ne laisse pas indifférent et qui fait réfléchir sur la condition humaine.

Chantal, septembre 2008

PERRIER Jean-Claude / Passage de la mère morte. – Stock ; R PER

La mère de Jean-Claude Perrier est morte, il ne sait plus à quelle date… Plusieurs années après, il se décide à écrire sur cette mère mal aimante, presque absente de la vie de son enfant. Au fil des pages il raconte aussi son père, ses grands-parents paternels qui l’ont élevé jusqu’à l’âge de 10 ans, sa demi-sœur paternelle qu’il ne connaît pas, sa demi-sœur maternelle qu’il connaît à peine… Mais il raconte surtout cette mère avec qui il ne veut plus vivre dès l’âge de 11 ans car elle lui fait honte et qu’elle est une mauvaise mère.

Ce récit autobiographique est touchant. Pour être quitte avec cette mère dont il ne sait presque rien, il a du se résigner à écrire sur elle, sur eux. Ce n’est qu’à la dernière page qu’il se sentira enfin libéré de cette femme qui pour lui ne fut que synonyme de désordre, crises, colère et mauvais souvenirs.

Chantal, septembre 2008

POWERS Richard / La chambre aux échos. – Le Cherche Midi ; R POW

A la suite d’un accident de la route qui a failli lui coûter la vie, Mark, sorti du coma, ne reconnaît pas sa sœur unique, venue à son chevet. Cette dernière fait alors appel à un célèbre neurologue, spécialiste des troubles du cerveau. Il apprend à Karin que son frère souffre du syndrome de Capgras, dont on ne guéri pas facilement. Parallèlement, Mark essaie de se souvenir de ce qui a provoqué son accident alors, qu’à priori, il était seul sur la route et dans son véhicule. Ces trois personnages vont voir leur vie bouleversée, chacun pour des raisons différentes, au fur et à mesure que Mark retrouvera la mémoire…

Un roman passionnant, quelquefois difficile à lire à cause des termes médicaux (mais qui n’empêchent pas la compréhension). Chaque personnage (y compris les secondaires) a un rôle important, souvent bouleversant. Malgré ses quelques 500 pages, ce livre tient le lecteur en haleine de bout en bout.

Chantal, septembre 2008

RANSMAYR Christoph / La montagne volante. – Albin Michel ; R RAN

La montagne volante est l'histoire de deux frères irlandais qui partagent les mêmes tourments familiaux et surtout le même goût pour le voyage. Ils entreprennent une folle expédition en direction du Tibet oriental, vers un sommet absent de toute carte officielle, juste entraperçu par un aviateur en perdition lors de la dernière guerre. Cette montagne nourrit depuis toujours l'imaginaire des nomades tibétains : une légende, là-bas, raconte que ce géant de glace s'est échappé du firmament pour faire escale sur la terre : la «montagne volante», secrète, ne s'apprivoise pas. Au pied de la montagne, les deux frères découvriront des lieux démesurés qui perdent le lecteur dans des paysages d'une beauté intense.

Ces paysages, Christoph Ransmayr les exalte dans un roman de bout en bout lyrique, mêlant quête initiatique et récit d'aventures, reportage ethnographique et épopée.

Maxime, août 2008

COOVER  Robert / Noir. – Ed. du Seuil ; R COO rouge

Tout semble caricatural dans ce roman policier, à commencer par le détective Phil M. Noir, un privé à l’ancienne, habitué des comptoirs de bars et titubant dans ses recherches entre indics, policiers et gangsters dans une ville glauque et inquiétante. Viennent ensuite pour compléter le tableau une belle veuve intrigante, des flics corrompus, des cadavres remplis de drogue et des prostituées prévenantes. A tel point que l’atmosphère du roman fait passer l’intrigue au second plan.

Mais "Noir" est loin d'être une simple parodie de polar américain, il réinvestit tous les codes du genre pour entraîner le lecteur dans une enquête obscure et un climat réellement noir et captivant.

Maxime, août 2008

CLAUDEL PHILIPPE / La Petite fille de monsieur Linh . –Stock ; R CLA

Monsieur Linh a fui son pays avec sa petite fille Sang Diû, à qui il tient comme à la prunelle de ses yeux. Ils sont les seuls rescapés d’un massacre qui a tué son fils et sa belle-fille. Lorsqu’il arrive en France, il se heurte avec violence à la barrière de la langue, à des mœurs étranges qu’il ne comprend pas, aux moqueries des autres réfugiés. Mais il tient le coup, grâce à son nouvel ami, un gros homme du nom de Monsieur Bark, qu’il rejoint régulièrement sur un banc. Tout deux aiment à se retrouver, même s’ils ne se comprennent pas. Mais surtout il résiste pour Sang Diû, pour son avenir, son bonheur.

Un très beau texte, émouvant, plein de poésie et de tendresse sur le thème de l’exil. Le ton épuré du texte rend merveilleusement bien toute la pudeur de l’œuvre.

Mathilde, juin 2008

ROBIN Marie-Monique / Le monde selon Monsanto : de la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien. – La Découverte ; 576.5 ROB

Marie-Monique Robin a mené une enquête sur la multinationale Monsanto, spécialisée dans les OGM et en a tiré un reportage télévisé et un livre. Ils nous plongent dans l’univers de la société où la règle du profit règne en maître : gagner toujours plus d’argent, sans se soucier des différentes contraintes qu’apportent leurs produits, que ce soit du point de vue de la santé publique, de l’environnement ou de la survie des petits exploitants.
Toute l’histoire de Monsanto nous est racontée : des PCB qui polluent sols et eau, en passant par l’agent orange qui tua de nombreux vietnamiens et soldats américains, jusqu’aux OGM, encore source de débats partout dans le monde ; toutes les créations de la multinationale sont passées en revue ainsi que les problèmes qu’elles ont engendré.

Choquantes, inimaginables, les conséquences des inventions de Monsanto laissent sans voix, de même que le comportement de ses dirigeants. Un reportage choc digne des meilleurs films d’horreur qui nous fait froid dans le dos et nous pousse à réfléchir quant à notre avenir et celui de la planète.

Mathilde, juin 2008

BIASION Renzo / S’agapo. – La Fosse aux ours ; R BIA

Sagapò (Je t’aime en grec) est un recueil de nouvelles autour de l’occupation italienne en Grèce (1941-1943). C’est la description du quotidien de cette armée censée "rompre les reins" du peuple grec. Drôles d’occupants que ces soldats qui ne pensent qu’à manger, boire, faire l’amour, se baigner et que les Grecs, de toute évidence, appréciaient davantage que les Allemands. Dans la lumière éblouissante, aveuglante de la péninsule hellénique, leur présence, très souvent, emprunte davantage au registre de la sensualité qu’au répertoire militaire. Pour autant, la guerre n’est jamais bien loin et le destin souvent tragique des soldats protagonistes nous le rappelle.

Maxime, mai 2008

RAVEY Yves / Bambi Bar. – Les Editions de minuit. R RAV

Un matin, les policiers viennent interroger Léon. Une jeune fille a été renversée et ils veulent savoir ce que faisait Léon à ce moment. Bien qu’il nie y être pour quelque chose et que les policiers le laissent tranquille, de la peinture appartenant au vélo de la jeune fille est retrouvée sur le capot de la voiture. Pourquoi Léon, observe-t-il la jeune fille du peep-show d’en face, le Bambi Bar avec des jumelles, pourquoi ment-il aux policiers ?

Dès le début, on sait qu’il se passe quelque chose de malsain dans cette histoire mais ce n’est pas forcément ce que l’on pense.

Mathilde, mai 2008

JOHNSTON Jennifer / De grâce et de vérité. – Belfond ; R JOH rose

Alors qu’elle vient de rentrer de tournée, Sally, actrice, apprend par son mari qu’il la quitte. Cette annonce lui fait l’effet d’un électrochoc : elle comprend qu’elle n’a jamais été heureuse, qu’elle est devenue actrice pour mieux fuir et que, si elle veut retrouver une certaine sérénité, il lui faut découvrir ce que sa mère a toujours refusé de lui avouer : l’identité de son père. Celle-ci étant décédée, Sally se tourne vers la seule personne qui peut la renseigner : son grand-père, évêque anglican. Ce qu’elle va apprendre va alors bouleverser sa vie…

Poétique et poignante, l’histoire d’une quête éperdue de la vérité familiale. Jennifer Johnston dresse un portrait de femme à la fois grave et lumineux, porté par la délicatesse de son écriture limpide.

Chantal, mai 2008

BRANNAMAN Buck / Les chevaux lointains. – Actes Sud ; B BRA

Maltraité par son père jusqu’à l’âge de 12 ans, Buck Brannaman s’en est sorti grâce aux animaux et plus particulièrement aux chevaux. Ils les comprend, sait leur parler et arrive à leur faire faire tout ce qu’il veut. C’est aussi un pro du lasso et, avant de devenir éleveur et « chuchoteur » il a gagné sa vie en donnant des représentations dignes des plus grands cow-boys hollywoodiens. Ce livre retrace sa vie, depuis l’âge de 5 ans jusqu’à celui de 40 avec ses bons et ses mauvais côtés, ses bons et ses mauvais jours.

Si vous aimez les chevaux, ce livre est pour vous. Si vous ne les connaissez pas, il est pour vous aussi. Cette autobiographie nous en apprend beaucoup sur ces animaux mais aussi sur les relations humaines et le respect. La vie de Buck Brannaman a inspiré Nicholas Evans pour son roman « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » qui a lui-même donné le film éponyme avec Robert Redford dans le rôle principal. Buck l’a doublé et a travaillé à ses côtés comme conseiller technique et certains de ses chevaux ont participé à cette fiction.

Chantal, mai 2008

ROCHE Corinne / Mazel tov, mister Poullaouec !. – Héloïse d’Ormesson ; R ROC

Un tout jeune prof d’anglais de 25 ans, breton de son état, décide, sur un coup de tête, de partir en Israël. Arrivé là-bas, il trouve une place d’éplucheur de légumes dans un kibboutz dans lequel il restera 4 mois avant de partir s’installer à Tel Aviv comme veilleur de nuit dans un hotel. Il va mettre son temps libre à profit pour apprendre l’hébreu jusqu’à le parler à la perfection. Puis il rencontre Anat avec qui il va vivre un amour indescriptible.

Un roman très intéressant dans lequel Benjamin Poullaouec va apprendre qui il est, loin des dictatures familiales, sociales ou politiques et c’est dans un Proche-Orient déchiré qu’il va trouver sa voie.

Chantal, mai 2008

BASSE Pierre-Louis / 19 secondes 83 centièmes. – Stock ; R BAS orange

19 secondes 83 centièmes, c’est le temps qu’il a fallut à Tommie Smith pour gagner sa médaille d’or aux Jeux Olympiques de Mexico le 16 octobre 1968. C’est aussi le temps qu’il lui a fallut pour briser net sa carrière de sportif car il a osé, devant toutes les caméras du monde, lever son poing ganté de noir et baisser sa tête pendant que retentissait l’hymne américain. Il sera accompagné dans son geste par son compatriote John Carlos qui va, lui aussi, être exclu du village olympique et devra rentrer aux Etats-Unis 48 heures après leur geste fatidique.

Pierre-Louis Basse avait 10 ans lors de ces J.O. Il a vu cette course en direct à la télévision en compagnie de son père ; cette course qui va décider de sa vie professionnelle : c’est décidé, il sera journaliste sportif.
Ce récit est aussi une belle histoire d’amour filial entre un père et son fils, une vision de l’année 1968 dans le monde et surtout l’histoire de la ségrégation raciale aux Etats-Unis de cette époque.

Chantal, mai 2008

FUKS Vanessa / La technique des trois marteaux. – Les Contre-Bandiers ; R FUK rouge

Un homme de cinquante-trois ans, Loïc Postik, célibataire, maréchal-ferrant de son état, a été retrouvé décapité dans sa cuisine. Akiko Le Floch, japonaise par son père, mais surtout bretonne par sa mère, profileuse parisienne, débarque dans cette Bretagne nourrie de légendes d'un autre âge pour aider la gendarmerie locale...

Voici un polar caustique, noir et implacable où se mêlent légendes ancestrales, sorcellerie et meurtres à répétition. Un roman court (142 pages) mais tellement prenant qu’on le lit d’une traite.

Chantal, avril 2008

VALLEJO François / Ouest. – Viviane Hamy ; R VAL

Voici l’histoire d’un garde chasse dont le maître vient de mourir. Le fils de ce dernier le remplace et toute la vie du garde chasse va s’en trouver modifiée car le fils n’est pas le père, loin de là. Lambert, le garde-chasse, est un serviteur à l'âme trop près de ses bois, à la meute de chiens trop sauvage et à la fille trop belle pour s'entendre avec ce nouveau baron, si plein de folies politiques, d'obsession des corps et de maladie bizarre. Non, entre lui et le jeune de L'Aubépine, l'entente est impossible. L'affaire aurait dû en rester là. L'affaire n'en restera pas là. Elle va durer dix années, et s'achèvera en carnage.

François Vallejo touche avec une acuité déconcertante à la complexité des caractères, à la duplicité des âmes. Il y a l’histoire, bien sûr, sombre et retorse, il y a l’écriture, surtout, d’abord déconcertante puis envoûtante, vivante, angoissante. Véritable montée en puissance tragique, chaque nouveau chapitre est l’occasion de s’enfoncer un peu plus dans les bois denses, dans l’atmosphère moite de l’Ouest. La tension devient presque insupportable, suffocante à mesure que le rythme s’emballe.

Chantal, mars 2008

O. HENRY / Un peu de couleur locale. – Bernard Pascuito ; T OHE

Inédites en français, les huit nouvelles présentes dans ce recueil font partie des meilleures qu'O. Henry ait jamais écrites. Non seulement l'humour de O. Henry ne se démode pas mais il reste toujours inattendu. « Un peu de couleur locale », « Une secrète idylle », « Le tourbillon de la vie », et toutes les nouvelles qui les accompagnent, lui permettent, à partir de situations étranges, de ponctuer chaque histoire d'un de ces coups de théâtre dont il avait le secret.

O. Henry est considéré comme l'un des plus grands nouvellistes du XXe siècle. Le roi des humoristes. Son oeuvre rassemble plus de 600 nouvelles, le tout publié dans 10 collections différentes. William Sidney Porter, né en Caroline du Nord en 1862, sera d'abord chroniqueur et reporter avant d'être emprisonné pour une sombre histoire d'argent. C'est dans sa cellule qu'il écrit ses premières nouvelles dont le succès est immédiat. À sa sortie de prison, il s'installe à New York et publie désormais sous le pseudonyme de O. Henry. Ravagé par l'alcool, il mourra à l'âge de 48 ans

Chantal, mars 2008

CORTANZE Gérard de / De Gaulle en maillot de bain. – Plon ; R COR orange

Fin novembre 1947, un jeune mécanicien italien rencontre une toute jeune fille italienne. Tous deux appartiennent à cette immigration italienne qui représentait 30 % des étrangers recensés en France à cette époque. De cette rencontre va naître Gérard Roero de Cortanze. Dans ce roman autobiographique, ce dernier nous raconte la France d’après-guerre, celle de l’apparition des appareils électro-ménager, des chanteurs yé-yé, de l’ORTF, des premiers pas sur la lune…

Ce roman est à la fois drôle et riche. Riche d’Histoire (celle avec un grand H) et d’histoires de tous les jours de ce petit garçon sage et curieux.

Chantal, mars 2008

EVERETT Percival / Blessés. – Actes Sud ; R EVE

John Hunt est éleveur de chevaux et vit avec son oncle Gus depuis le décès de sa femme, six ans auparavant. Il mène une vie paisible dans l’ouest américain, à deux pas du désert. Cette quiétude va être perturbée tout d’abord par la mort non naturelle de vaches d’un de ses amis cow boy et indien, puis par des actes racistes et homophobes. Or, John est noir et héberge pour quelques temps le fils d’un ami d’enfance, venu accompagné de son compagnon. Dans le même temps, John tombe amoureux d’une de ses voisines, qui va finir par s’installer chez les deux hommes après le décès de sa mère, le soir de Thanksgiving.

Un roman plein de poésie et d’humour à la fois. Des personnages attachants qui dénoncent les haines du genre humain qui sévissent en Amérique comme ailleurs.

Chantal, Mars 2008

MENGESTU Dinaw / Les belles choses que porte le ciel. – Albin Michel ; R MEN

Une table bancale devant une boutique miteuse. C'est l'hiver dans une misérable banlieue de Washington : trois hommes réunis autour d'une bouteille et d'un jeu stupide : faire l'inventaire des dictateurs africains. Un jeu qui n'en finit pas comme cette vie absurde, comme marquée du sceau du provisoire, de l’éternel recommencement et de l’exil. Dans ce texte qui alterne récit et méditation, nous suivons au jour le jour Sépha, Ethiopien que la situation politique dans son pays a contraint à l'exil. Un homme déchiré qui tente d'arrimer son existence quelque part, autour d'un modeste appartement, d’une petite épicerie et d’une femme et sa fille, auxquelles il essaie désespérément de s'attacher sans toutefois y parvenir. Un homme hanté par le passé comme le sont finalement tous ceux qui un jour ont dû quitter leur vie pour “recommencer”.

C'est à la rencontre de cette souffrance intérieure de la régression sociale qu’implique l’arrivée dans un nouveau pays, de la misère affective et de la difficulté de trouver son encrage dans une Amérique matérialiste et déshumanisée, que nous invite l'auteur.

Chantal, février 2008

AZNAVOUR Charles / Mon père, ce géant : nouvelles. - Flammarion ; R AZN

16 nouvelles qui racontent la vie de tous les jours : celle d'un grand-père et de son petit-fils ; une autre d'un clown qui ne veut plus rire jusqu'à ce qu'il rencontre une gamine malade ; ou une autre encore d'un adolescent qui a honte de son père qui mesure plus de deux mètres...

Des nouvelles touchantes ou drôles, qui racontent les bonheurs et les drames de la vie grâce à des personnages attachants. Aznavour aurait pu en faire des chansons...

Chantal, janvier 2008

O’BRIEN Dan / Les bisons du Cœur-Brisé. – Au diable Vauvert ; R OBR orange

bisons

Après avoir élevé des vaches durant plusieurs années, Dan O’Brien décide de se lancer dans l’élevage des bisons. Il commence par acheter à un de ses amis éleveurs 13 bisonneaux (dont un mourra très vite). Un peu plus tard, il va acquérir des bisonnes pleines lors d’une vente aux enchères, puis, plus tard encore et par le même procédé, des mâles robustes. Mais tout cela coûte de l’argent et Dan est obligé d’emprunter des sommes astronomiques à la banque ; quelquefois, il doit accepté un poste d’enseignant remplaçant pour payer ses dettes. Mais il touche au but : faire revivre des bisons sur la terre de leurs ancêtres.

Ecrivain, professeur, le cow-boy américain revient sur son expérience d’éleveur dans ce livre qui porte le nom de son ranch. Dan O’Brien est aussi spécialiste des espèces en voie de disparition et des Grandes Plaines mais c’est surtout un homme attachant, humain et humble.

Chantal, janvier 2008

 BI Feiyu / Les Triades de Shanghai. - Picquier ; R BI

Dans les années 30, Tang, adolescent débarquant de sa campagne, arrive à Shanghai. Il doit servir Bijou, une magnifique chanteuse de cabaret, égoïste, capricieuse et arrogante qui se trouve être la maîtresse du "Patron", le chef du gang de la Tête du Tigre. L'adolescent, renommé "oeuf pourri" par Bijou, découvre les bons côtés de la ville comme le confort (entre autres l'eau courante et les briquets) mais aussi les côtés sombres de la mafia chinoise (les jalousies, les trahisons, l'ivresse et la conquête du pouvoir). Sous son regard innocent se nouent des drames auxquels il assiste impuissant.

Une peinture de la mafia chinoise telle qu'on se l'imagine avec ses ambitions et ses coups bas, mêlée à un roman d'apprentissage puisque l'on asssite à la transformation du jeune "Oeuf Pourri" au contact de Bijou et des membres de la Triade.

Mathilde, novembre 2007

TRAVERSO Frédérique / Pieds nus, en smoking. - Belfond ; R TRA

Maud à tout pour être heureuse : une belle maison dans les quartiers chics, un mari qui gagne bien sa vie, et deux adorables jumeaux. Problème : elle ne se sent pas heureuse : son rôle de femme au foyer l'ennuie, son mari et ses enfants (qu'elle trouve affreux) aussi. Alors qu'elle s'apprête à se faire cuire un crabe, comme à chaque fois qu'elle en a "vraiment par dessus la tête", son mari l'appelle pour lui dire qu'il arrive dîner avec son patron et ses collègues! Dîner qui doit être parfait parce qu'il doit permettre à son mari d'obtenir une promotion. Mais rien ne se passe comme prévu et le dîner vire au réglement de compte et à la catastrophe pour Maud.

Un livre très drôle où l'on est tour à tour admiratif puis horripilé par Maud, qui subit ce repas, proprement monstrueux, sans oser intervenir alors que ce qu'elle voit la scandalise. Un livre qui dénonce la lâcheté de tous les êtres humains et la dure "loi de la jungle" dont sont victimes les cadres de grandes entreprises. Il nous parle aussi de la difficulté des femmes à assumer le baby-blues.

Mathilde, novembre 2007

VALERA Juan / Pepita Jiménez. - Zoé ; R VAL rose

les éditions Zoé nous font découvrir un roman d'amour espagnol de 1874, grand succès dans son pays, édité pour la première fois dans son intégralité en France.

L'histoire d'amour impossible entre Don Luis de Vargas, jeune homme qui s'apprête à devenir prêtre et Pepita Jiménez, une jeune veuve que le père de Luis convoite, nous est racontée sous forme epistolaire pour la majeure partie du roman. Nous suivons donc au fil des lettres que Luis envoie à son oncle, doyen, tous les états d'âme du jeune homme. Tout d'abord sa répugnance à assister aux mondanités et à voir cette Pepita puis sa prise de conscience progressive de son amour.

Mathilde, octobre 2007

SINGER Christiane / Seul ce qui brûle. – Albin Michel ; R SIN rose

A partir d’une nouvelle de Marguerite de Navarre, Christiane Singer nous fait découvrir une fabuleuse histoire d’amour digne de La Princesse de Clèves ou de l’Histoire du Chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut

Il est rare de trouver un roman d’amour qui ne verse pas dans l’ «eau de rose » et dont l’écriture est aussi travaillée : on se laisse transporter par le style de l’auteur. Certes ce n’est pas l’écriture du 14e siècle, mais les intentions sont là, les sentiments et la manière de vivre de l’époque aussi. Quelle force que cette passion amoureuse qui, après avoir transi d’amour Sigismund d’Ehrenburg, le rend subitement fou, pour ensuite…ensuite il faudra lire ce livre pour le savoir…

Mathilde, octobre 2007

PUJADE-RENAUD Claude / Le désert de la grâce. – Actes Sud ; R PUJ jaune

A travers le personnage de Françoise de Joncoux, "l'Invisible" qui déchiffre et recopie les manuscrits de l'abbaye de Port-Royal des Champs, ce roman à plusieurs voix donne la parole à Angélique Arnauld, rayonnante et mythique abbesse du monastère qui imposa à tous la "clôture" de l'abbaye et des règles d'une rigueur implacable. S'y fait aussi entendre la voix de Marie-Catherine Racine, fille de Jean, en quête d'un manuscrit de son père disant l'ultime vérité de son rapport à Port-Royal, puis celle de Madame de Maintenon qui voue une haine féroce aux sœurs de l’abbaye et aux jansénites ainsi qu’à d’autres personnages qui ont marqué l’histoire de ce lieu.

Un roman passionnant qui relate la traque des jansénites par Louis XIV ainsi que l’expulsion des sœurs de Port-Royal, jugées trop indépendantes.

Chantal, octobre 2007

DARRIEUSSECQ Marie / Tom est mort. – P.O.L. ; R DAR

Tom est mort, alors qu’il avait quatre ans et demi. Dix ans après, sa mère raconte. Elle raconte Tom, mais aussi le frère, la sœur et le père de Tom. Puis ses parents à elle. Puis Vancouver, où est né Tom, et Sydney, où est mort Tom. Elle raconte surtout ce qu’est devenue sa vie après la mort de son second enfant : un cauchemar. Elle est d’abord devenue muette, avant de sombrer dans la folie. Dix ans après, sa souffrance est inusable.

Ce roman peut paraître répétitif tant il y est question de Tom. A toutes les pages, son prénom apparaît, tel un leitmotiv. Voici un roman poignant, quelquefois insoutenable, souvent convaincant.

Chantal, octobre 2007

ADAM Olivier / A l’abri de rien. – Ed. de l’Olivier ; R ADA

Marie s’ennuie. Elle ne travaille pas et est sensée s’occuper de sa maison, son mari et ses deux enfants. Elle s’ennuie tellement qu’elle ne peut rien faire de ses journées. Tout change le jour où elle rencontre un réfugié. Elle décide alors de devenir bénévole dans un centre qui aide les clandestins. Sa vie bascule alors : négligeant de plus en plus sa famille, elle la mène carrément à la « faillite » en la dépouillant. En effet, elle se met à donner aux réfugiés de la nourriture, des vêtements, de l’argent. Arrive un jour où un Kosovar avec qui elle a sympathisé meurt. Commence alors une véritable descente aux enfers qui mènera Marie jusqu’à la folie et l’internement.

Situant son dernier roman aux abords de l'ancien centre d'accueil pour immigrés de Sangatte, Olivier Adam trace une véritable chronique sociale tout en réussissant le portrait d'une héroïne inoubliable et émouvante.

Chantal, octobre 2007

ALMEDIA Eugenia / L'autobus. – Métailié ; R ALM

L’intrigue paraît banale : dans un petit village de l’Argentine profonde, un homme et une jeune femme attendent l’autobus qui doit les conduire vers la ville voisine. Mais voilà quatre jours que, l’orage menaçant, l’autobus passe sans s’arrêter et que la voie ferrée est coupée. Tout le village s’interroge, s’inquiète : s’est-il passé un événement important dans le pays que tout le monde ignore ? Des coups de feu éclatent à la tombée de la nuit, des cadavres de subversifs sont retrouvés, la police locale reste muette…Puis, l’autobus s’arrête de nouveau alors que personne ne l’attend plus et que la pluie se remet à tomber.

Dans un style sec et nerveux, ce court roman nous plonge dans un huis clos étonnant, tant les habitants semblent isolés de tout, en proie aux rumeurs les plus folles ; de manière métaphorique, il dénonce les perversités du pouvoir, faisant référence aux régimes dictatoriaux qui ont sévi en Argentine et dans de nombreux pays latino-américains.

Suzanne, septembre 2007

STUDART Heloneida / Le bourreau.- Les Allusifs ; R STU

« Le bourreau », un exécutant de la dictature brésilienne, parcourt le pays et traque les dissidents. Lui qui ne supporte pas de voir sacrifier un animal, torture et assassine sans scrupule. Il est envoyé dans le nord du pays pour éliminer un agitateur public. Là-bas, il tombe amoureux de l’amie de sa victime ; alors, sa vie bascule : dévoré par le remords, rattrapé par son passé et les spectres de ses victimes, il entreprend un pèlerinage, à la recherche d’une expiation.

Heloneida Studart, féministe et syndicaliste qui a connu les geôles brésiliennes a écrit ce roman il y a plus de vingt ans. A travers son héros, elle dénonce les horreurs du régime dictatorial mais aussi rappelle avec force et style, la toute-puissance du mal et de la cruauté humaine.

Suzanne, septembre 2007

MAZETTI Katarina / Le mec de la tombe d’à côté. – Gaïa ; R MAZ rose

Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire de métier, et citadine pragmatique, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance. Au cimetière, elle rencontre le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que la tombe avec sa stèle tape-à-l'oeil.

Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, de façon assez rustique, grâce à une bonne dose d'humour et d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il s'énerve contre la 'Crevette' qui occupe le banc au cimetière avec lui, avec son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie.

Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d'un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres, pour qu'ils soient tous deux éblouis. C'est le début d'une histoire d'amour assez cocasse. Ils sont tout le contraire l'un de l'autre.

Chantal, septembre 2007

SCHMITT Eric-Emmanuel / Odette Toulemonde et autres histoires. – Albin Michel ; R SCH

A première vue, elles sont bien banales toutes ces petites histoires que nous raconte Eric-Emmanuel Schmitt. A première vue, ils sont bien communs ces messieurs et dames Tout-le-monde qui se baladent entre ses lignes. Mais au fil de ses oeuvres, l’écrivain a prouvé que l’essentiel n’était pas là, devant nos yeux, mais juste un peu plus loin. Un peu plus loin, derrière ces huit nouvelles, s’agitent nombre de réflexions sur nos vies, sur l’amour et la sincérité, fourmillent quantité de personnages confrontés à la solitude, la maladie, la perte d’un proche…

Les contes de Schmitt donnent le sourire et revigorent. Et c’est tant mieux. Mais plus loin encore, ils donnent à réfléchir. Et si parfois, la chute tombe à plat et que l’on se voudrait moins assisté dans notre vie de lecteur, reste que triomphent la pertinence, la justesse des mots et l’empreinte d’un écrivain profondément humaniste.

Quant à ‘Odette Toulemonde’, la nouvelle qui donne son titre au recueil, elle n’est certes pas la plus originale, mais montre à quel point Eric-Emmanuel Schmitt ne manque pas d’(auto)dérision.

Chantal, septembre 2007

BELLO Antoine / Les falsificateurs. – Gallimard ; R BEL

Comment réagiriez-vous si l'on vous prouvait que certaines grandes découvertes ont été inventées de toutes pièces ?

Sliv est un jeune islandais ambitieux et fraîchement diplômé d'une grande école de géographie qui n'en revient pas d'être aussi vite embauché par une multinationale dont l'un des PDG semble s'intéresser de très près à sa jeune personne... Mais Sliv ne vient pas seulement de trouver un employeur, il vient d'intégrer le "Consortium de falsification du réel", une organisation secrète aux motivations obscures et qui - depuis des lustres - crée de toutes pièces certains faits afin de modifier le cours de l'histoire de l'humanité...

Mais dans quel but? Et quel sera le prix à payer pour jouer à Dieu? Là est tout l'enjeu de ce roman passionnant qui interroge notre crédulité face aux médias et à la socièté en général.

Un ouvrage à déconseiller aux paranos!

Chantal, août 2007

ABDOURAZZOQOV Barzou / Huit monologues de femmes. - Zulma ; R ABD

Huit femmes entrent en scène. Avec beaucoup de verve et d'humour, malgré la vie qui ne les a pas ménagées. Elles viennent tour à tour raconter leur histoire, dire leur quotidien, se donner en exemple plus qu'en spectacle. Et les hommes en prennent pour leur grade ! Car elles disent la violence sociale, la perte des repères traditionnels, le machisme d'une culture à la fois musulmane, persane et russe.

Ces monologues proférés dans une langue vive et crue, rythmés par des accès de rage ou de farce, évoquent, au-delà des particularismes locaux, souvent surprenants et savoureux, des situations proches connues aujourd'hui dans les grandes villes occidentales et leurs banlieues.

Chantal, août 2007

HAWES James / Pour le meilleur et pour l'Empire. - Ed. de l'Olivier ; R HAW

Quadragénaire, Brian Marley gagne tant bien que mal sa vie comme prof d'anglais. Divorcé, il est père d'un jeune bambin dont il partage la garde. Il tombe amoureux d'une jeune Argentine, son étudiante, mais réalise que cette histoire est sans issue. Il décide alors de participer à un jeu télévisé et se retrouve avec 5 autres candidats dans la jungle de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Brian survivra, ce qui lui vaut en principe 100 000 livres de récompense. On lui offre de passer une semaine de plus, celle de Noël de surcroît, pour faire grimper la mise à 2 millions. Il accepte, mais on perd son contact. Livré à lui-même, il se retrouve au beau milieu d'une petite colonie d'Anglais, rescapés d'un crash d'avion de 1958. Il s'agissait de militaires qui ont eu tôt fait de se réorganiser et de se reproduire. La colonie menée d'une main de fer par celui qu'on surnomme "le directeur" se croit toujours durant la guerre froide...

La force de ce roman hilare, affreusement cynique et trépidant, réside en partie dans son solide scénario ancré sur des faits historiques qui rendent l'improbable plausible. Hawes parvient à donner beaucoup de substance à ses personnages, ce qui les éloigne de la caricature. En prime, il brosse un tableau corrosif du Royaume-Uni actuel, réticent à se définir comme européen, quitte à abandonner sa souveraineté aux Etats-Unis petit à petit.

Chantal, août 2007

JOHNSON Maureen / treize petites enveloppes bleues.- Gallimard ; R JOH

"Règle n°1 : tu ne peux emporter que ce qui tiendra dans ton sac à dos. Règle n°2 : tu ne dois emporter ni guides de voyages ou de conversation, ni aucune aide pour les langues étrangères. Règle n°3 : tu ne peux pas prendre d'argent en plus, ni de carte de crédit, de chèques de voyages, etc. Règle n°4 : pas d'expédients électroniques. Ce qui signifie pas d'ordinateur portable, de téléphone portable, de musique, d'appareil photo. C'est tout ce que tu as besoin de savoir pour l'instant. Rendez-vous à la Quatrième Nouille." Lorsqu'elle découvre ce message de Peg, sa tante adorée qui vient de mourir, Ginny est loin d'imaginer qu'elle en recevra treize au total et que ces petites enveloppes bleues l'emmèneront loin, bien loin, pour un incroyable voyage à travers l'Europe. Et transformeront à jamais sa vie de jeune fille rangée, timide et sage... Un véritable parcours initiatique qui en apprendra autant à Ginny sur la personnalité de sa tante que sur elle-même.

Une vision intéressante de plusieurs pays d'Europe par une jeune Américaine. Une histoire originale qui aborde le deuil d'une façon étonnante et constructive. Comme une course au trésor, ce roman nous happe et nous entraîne de rencontres en découvertes, de mésaventures en petites victoires, pour une folle virée pleine d'humour et de charme.

Chantal, août 2007

BRUN Frédéric / Perla. - Stock ; R BRU orange

perla

Perla, un jour de 1944, a été arrêtée par une horde de SS et conduite à Auschwitz. Elle meurt cinquante ans plus tard ; son fils, Frédéric Brun, voulant sauver ses souvenirs de l’oubli, l’ interroge sur sa déportation et la dépression qui la mina les derniers mois de sa vie.

Ce récit bouleversant, parsemé de photos d’archives, est un hymne filial en même temps qu’une réflexion douloureuse : comment un même pays peut engendrer le raffinement, celui de la poésie romantique allemande, et la barbarie des camps d’extermination et de l’inhumanité extrême

Se lit facilement tout en provoquant la réflexion.

Suzane, août 2007

KHOURY-GHATA Vénus / 7 [sept] pierres pour la femme adultère.- Mercure de France ; R KHO

Dans un village aux confins du désert, Noor vient d’être condamnée à la lapidation pour adultère : elle attend son châtiment avec résignation. Au même moment , une occidentale, membre d’une ONG, arrive dans le village pour une mission humanitaire. Elle va tout tenter pour sauver Noor de son sort.

Vénus Khoury-Ghata, romancière libanaise, se penche sur les conditions de vie de ses sœurs : qui pourrait sauver ces femmes de l’oppression masculine ?

Récit bouleversant qui ne peut laisser indifférent.

Suzanne, août 2007

BRASLAVSKY Max / Les Dormeuses noires. – Panama ; R BRA

Le narrateur, un homme dont nous ne saurons jamais ni le nom, ni l’âge, trouve une petite annonce proposant de louer une chambre dans un quartier chic de Paris. Intéressé, il prend rendez-vous avec la propriétaire de l’appartement. Il s’agit d’une jeune femme infirme et surdouée, Hélène Mittelscheim, à la tête d’une grande société de miniaturisation. Elle accepte de lui louer la chambre. Il emménage donc dans son appartement, extrêmement luxueux, où s’amoncelle un fatras incroyable. Curieux, il entreprend de visiter l’appartement, et découvre une multitude de pièces cachées…ainsi que la face cachée de sa logeuse.

Sur un thème simple, la cohabitation entre un homme et une femme surdouée, le narrateur réussit une intrigue bien ficelée. Tout au long du livre, on sait qu’il va se passer quelque chose, mais quoi ? L’angoisse monte et on attend, inquiet, le moment où l’histoire va basculer.

Mathilde, juillet 2007

GIRAUD Brigitte/ L’amour est très surestimé.- Stock ; R GIR

Onze récits tumultueux qui dissèquent avec bonheur l’échec conjugal.

B. Giraud n’attendrira pas le lecteur avec des phrases gorgées de sanglots. Elle écrit tout en tension contenue, le souffle court, le style dépouillé, la dramatique banalité de la douleur amoureuse. La fin de l’amour, c’est quand le quotidien étouffe le désir mutuel, quand la conversation amoureuse fait place aux monologues et aux reproches, quand on ne rêve plus ensemble etc…Ainsi l’amour serait très « surestimé » ou mal estimé ? C’est, en tous cas, dans ces textes, la vie ordinaire d’hommes et de femmes qui tentent, comme d’autres depuis des siècles, l’aventure de l’amour.

Suzanne, juillet 2007

SARDOU Romain / Personne n’y échappera. – Xo éditions ; R SAR rouge.

Le 3 février 2007 à 4 heures du matin, le colonel Stu Sheridan, de New Hampshire, est réveillé par son adjoint principal qui lui demande de se rendre sur un chantier. Un véritable massacre y a été perpétré : 24 cadavres tués d’une balle en plein cœur sont entassés dans un immense trou. Suicide collectif ou œuvre d’une secte ? Alors que le colonel commence à mener l’enquête, les éléments troublants s’enchaînent : aucune disparition n’a été déclarée ses derniers temps, et, fait plus troublant encore, le FBI retire l’enquête à la police. Mais c’est sans compter sur la persévérance du colonel. Au même moment, Franck Franklin, un jeune professeur de littérature, se présente au Durrisdeer College, proche des lieux du crime, pour son nouveau poste. Cette université coupée du monde est vraiment singulière…

Malgré une écriture assez banale – et même parfois une syntaxe et une orthographe incorrectes, on se trouve vite entraîné par cette histoire macabre. L’auteur nous emmène de rebondissements en rebondissements tous plus horribles les uns que les autres et l’on ne peut pas lâcher prise. On se trouve subjugué par ce qu’on lit et on ne reprend son souffle qu’une fois le livre terminé !

Mathilde, juillet 2007

CONNELLY Michaël / Echo park. - Seuil ; R CON rouge.

Harry Bosch, l’inspecteur de police du service des affaires non résolues, est de retour. Obsédé par la disparition de Marie Gesto en 1993, il rouvre sans succès le dossier année après année. Jusqu’en 2006 où un suspect, accusé par ailleurs de deux meurtres est prêt à passer aux aveux en échange d’un "plaider coupable" qui lui évitera « la piqûre ». Mais l’enquête s’annonce difficile, d’autant que l’élection du procureur général approche…

Une fois de plus, l’intrigue est bien ficelée, le suspense maintenu jusqu’à la dernière page. M. Connelly comble toutes nos attentes. A recommander aux habitués mais aussi aux autres qui seront sûrs de se « régaler ».

Suzanne, juillet 2007

AGUS Milena / Mal de pierres. – Liana Levi ; R AGU.

Dans la Sardaigne des années 40 écrasée de soleil et de traditions, la narratrice raconte la vie d’une aïeule appelée simplement grand-mère. Cette femme de 40 ans, mariée sans enfants souffre du « mal de pierres » et part en cure thermale où elle va rencontrer le Rescapé. Ne pas croire que se rejoue ici le banal manège mari-femme-amant : c’est plus étonnant et plus poignant car grand-mère est une exaltée en attente de l’amour : la rencontre avec le Rescapé assouvira, à sa manière son désir obsessionnel.

Court roman, tout en allusions et en audaces, empreint de mystère et de poésie qui confirme le talent exceptionnel de la romancière sarde Miléna Agus.

Suzanne, juillet 2007

AUROUSSEAU Nan / Du même auteur. – Stock ; R AUR rouge.

Au petit matin, Joss Meredith, un écrivain, voit débarquer chez lui sa voisine, totalement nue, qui lui tire dessus. Sans lui laisser le temps de saisir ce qui se passe, elle l’oblige à l’emmener dans sa maison de vacances dans le Puy-de-Dôme. Sur la route, il est arrêté par la police qui remarque très vite son casier judiciaire assez chargé. Aussitôt, il est accusé d’enlèvement et de viol sur sa voisine. Assigné à résidence, il tente de comprendre ce qui leur arrive, avec l’aide de sa voisine rendue quasi-folle à cause des multiples drogues qu’elle a prises durant son enlèvement

Un roman complètement décalé ! Avec humour, l’auteur nous emmène dans une histoire hallucinante au rythme effréné ! La verve du héros-narrateur fait que l’on est happé par cette histoire et que l’on ne peut lâcher le livre qu’une fois fini.

Mathilde, juin 2007

GRANGE Jean-Christophe / Le serment des limbes. – Albin Michel ; R GRA rouge

Quand Mathieu Durey, flic à la brigade criminelle de Paris apprend que Luc, son meilleur ami, flic lui aussi, a tenté de se suicider, il n'a de cesse de comprendre ce geste. Il découvre que Luc travaillait en secret sur une série de meurtres aux quatre coins de l'Europe, dont les auteurs orchestrent la décomposition des corps des victimes et s'appuient sur la symbolique satanique. Les meurtriers ont un point en commun : ils ont tous, des années plus tôt, frôlé la mort et vécu une «Near Death Experience». Peu à peu, une vérité stupéfiante se révèle : ces tueurs sont des «miraculés du Diable» et agissent pour lui. Mathieu saura-t-il préserver sa vie, ses choix, dans cette enquête qui le confronte à la réalité du Diable ?

Un roman qui nous tient en haleine du début à la fin. Il est à la fois diabolique et démoniaque. Si vous aimez les frissons, n’hésitez plus : ce polar donne la chair de poule et provoque des cauchemars…

Chantal, juin 2007

LESTER Julius / Les larmes noires. – Hachette ; R LES

Georgie 1859, Emma, jeune esclave , vit dans une plantation de coton entourée des siens et de ses « maîtres » les Butler. C’est alors que Pierce Butler met en vente 400 esclaves de sa plantation afin d'éponger ses dettes de jeu. Il exige que ses filles, Frances et Sarah assistent à la vente. Sarah, très attachée à Emma depuis le départ de sa mère ne supporte pas cette idée. Excédé son père demande à Emma de les accompagner. Emma ne reverra jamais sa famille…, et Sarah, ne pardonnera jamais cette barbarie à son père.

S'inspirant de faits réels, Julius Lester mélange habilement histoire et fiction, en alternant les points de vue, afin de donner la parole à ceux qui n'ont pas eu l'opportunité de pouvoir s’exprimer, sur un sujet aussi sensible que celui de l’esclavage. Alternant dialogue et introspection ; il retrace avec justesse, émotion et humanisme, la valse des destins individuels autour de la plus grande vente d'esclaves qui eut lieu aux Etats-Unis, en 1859.

Nadia, juin 2007

HOLDER Eric / La baïne .-Seuil ; R HOL

Dans le Médoc, on sait que l’océan peut être dangereux en raison de la baïne, des courants qui passent entre la côte et des bancs de sable et qui attirent au large le nageur imprudent. C’est une histoire banale : native d’Angoulême, Sandrine a épousé Julien, un enfant du pays et s’est installée dans cette région ; au bout de quelques années, la passion s’émousse, l’ennui s’installe dans le couple…Arrive « un étranger », un photographe venu de Paris faire des repérages pour un tournage ; sa fréquentation ouvre à Sandrine de nouveaux horizons…amour et désastre.

Eric Holder démonte à la perfection tous les rouages de la machine infernale. Un magnifique roman du désordre amoureux qui engloutit ses protagonistes, comme le courant de baïne.

Suzanne, juin 2007

CATHRINE Arnaud / La disparition de Richard Taylor. – Verticales ; R CAT

Richard Taylor a quitté son domicile conjugal le 16 mai 1998. Les motifs possibles de ce départ ne seront élucidés que très progressivement et partiellement au fil du récit qui court de 1998 à nos jours. Cela, pour la bonne raison, que le héros fantomatique de ce roman n’est jamais donné qu’en creux, par ouï-dire, par propos rapportés, par contumace, dirait le juge d’un tribunal. Le lecteur va donc suivre à la trace, comme en pointillé, le cheminement d’une déraison existentielle, dérivant d’un chapitre à l’autre, au gré des témoignages d’une dizaine de femmes : l’épouse, la mère, la voisine de palier, la collègue de bureau, l’amie transsexuelle, l’amante sans lendemain, l’attentionnée psychiatre, ainsi que la dramaturge suicidée Sarah Kane…

La disparition de Richard Taylor est une quête sur l’ombre portée d’un absent omniprésent, qui touche à la crise d’identité masculine de notre époque, mais sous la forme d’un roman polyphonique dont la texture paradoxale s’écrit au féminin pluriel. Les récits brefs – sous forme épistolaire, monologuée ou dialoguée – silhouettent puis font exister le disparu sous des apparences multiples, moins contradictoires que simplement disjointes.

Chantal, juin 2007

CHOCAS Viviane / Bazar magyar. - Héloïse d'Ormesson ; R CHO

Bazar magyar

Klara, française d'origine hongroise, ne connaît pas le pays de ses parents, qui ont fait abstraction de leurs anciennes vies. Pour comprendre ce passé familial, elle tente de découvrir la Hongrie à travers sa nourriture et découvre toutes les subtilités de ce pays inconnu en goûtant les spécialités et en s'appropriant les noms de ces plats qu'elle savoure tout autant.


Un livre qui donne l'eau à la bouche ! En décrivant son initiation à la vie hongroise par la nourriture (tous les chapitres portent le nom de plats nationaux), Vivaine Chocas nous donne l'impression de déguster avec elle tous les mets de ce pays. On croit découvrir le pays en même temps qu'elle et on a envie de mieux le percevoir.

Mathilde, mai 2007

MILHAILEANU Radu / Va, vis et deviens. - Grasset ; R MIL

En 1984, des milliers d'Africains frappés par la famine se retrouvent dans des camps au Soudan. A l'initiative d'Israël et des Etats-Unis, une vaste action est menée pour emmener des milliers de juifs éthiopiens vers Israël.
Une mère chrétienne pousse son fils de 9 ans à se déclarer juif pour le sauver de la famine et de la mort. L'enfant arrive en Terre Sainte. Déclaré orphelin, il est adopté par une famille française sépharade vivant à Tel-Aviv. Il grandit avec la peur que l'on découvre son secret.

Ce roman nous apprend beacoup sur l'opération Moïse, les Falachas, la guerre dans les territoires occupés, le judaïsme, mais également sur l'amour de deux personnes que tout sépare et le racisme ordinaire.
Ce livre est une adaptation du film éponyme réalisé par l'auteur.

Chantal, mai 2007

PICOULT Jodi / Ma vie pour la tienne. - Presses de la Cité ; R PIC

Anna n'est pas malade, mais elle pourrait tout aussi bien l'être. A 13 ans, elle a déjà subi d'innombrables interventions, prélèvements et transfusions, tout cela pour que sa soeur Katie, 16 ans, puisse combattre sa leucémie. Anna est ce qu'on appelle un "enfant-médicament" et, même si elle aime sa soeur de tout son coeur et qu'elle sait que cette dernière à besoin de son aide et surtout de ses cellules pour survivre, elle souhaite plus que tout être reconnue comme une personne à part entière. Anna décide alors de se faire entendre en refusant de faire don d'un rein à Kate, même si cela doit déchirer sa famille.

Un roman (s'inspirant d'un fait réel), émouvant, déchirant. les personnages se racontent et racontent Anna les uns après les autres, chapitre après chapitre. Au fil des pages, on entre de plus en plus dans ce récit pour en sortir assomé et touch par une fin plus qu' inattendue.
Ames sensibles, s'abstenir...

Chantal, mai 2007

TERLOEVA Milana / Danser sur les ruines : une jeunesse tchétchène. - Hachette ; R TER

Un destin hors du commun et une Tchétchénie inédite, racontée de l'intérieur par Milana Tervoela, originaire d'un petit village à deux heures de route de Grozny. Son histoire tient à deux miracles : celui d'avoir été choisie par une association française pour sortir de la guerre et venir étudier à Paris.C'est ce parcours exceptionnel que nous raconte "Danser sur les ruines", à la fois journal intime et journal de guerre, où défile toute l'histoire récente de ce pays meurtri, à travers mille anecdotes vécue par l'auteure.

Voici une leçon d'histoire de la Tchétchénie dont nous avons peu entendu parler, mais aussi une leçon de courage. En effet, cette jeune femme (26 ans au moment de la parution de son livre) a su sortir triomphante de ces deux guerres qui ont tout détruit autour d'elle. Forte de son expérience française et de ses études de journalisme à Sciences-Po Paris, elle est rentrée dans son pays natal afin d'y créer un journal indépendant.

Chantal, mai 2007

SANKARAN Lavanya / Le Tapis rouge : histoires de Bangalore : nouvelles. – Mercure de France ; R SAN

Voici un recueil de 8 nouvelles qui nous emmène dans l’Inde actuelle, plus exactement à Bangalore, une sorte de « Silicon Valley ». Les personnages, des jeunes gens que l’on retrouve d’une nouvelle à une autre, sont issus de la bourgeoisie indienne. Ils doivent concilier le mode de vie traditionnel que veulent leur transmettre leurs parents, avec tous les codes imposés par leur caste et le mode de vie occidental auquel ils aspirent.

Ces nouvelles se laissent dévorer ! En dehors de l’aspect purement anthropologique (on découvre la vie de la bourgeoisie indienne tiraillée entre son « américanisation » et son désir de perpétuer le mode de vie traditionnel), on assiste à de véritables tranches de vie quotidienne. De plus, on croise les personnages au fil des nouvelles sous des aspects différents à chaque fois ce qui donne une unité à ces récits. Et enfin, on est agréablement surpris par les fins surprenantes de chaque histoire, ce qui fait que l’on a hâte d’arriver à la fin pour savoir comment cela va se finir.

Mathilde, mai 2007

TEULE Jean / Le Magasin des Suicides. – Julliard ; R TEU

Dans la famille Tuvache, on est déprimé de père et fils et de mère en fille ! La preuve : les parents, Mishima et Lucrèce, tiennent un magasin de suicides, où on trouve tout ce qu’il faut pour se suicider dans les règles de l’art. Le fils aîné Vincent se bande la tête pour empêcher son mal de crâne perpétuel et passe son temps dans sa chambre pour développer ses idées morbides tandis que la fille Marilyn traîne son mal de vivre et son embonpoint de pièces en pièces. Mais cette famille a un gros souci : le petit dernier Alan. En effet, celui-ci est la joie de vivre incarnée, il rit, parle joyeusement et décourage les clients de se suicider…

Jean Teulé nous emmène dans un univers très drôle et décalé avec la famille Tuvache, véritable famille Adams (d’ailleurs Les valeurs de la famille Adams traite du même thème). On rit à chaque page en découvrant les différents moyens de se tuer ou les nouvelles lubies de Vincent. Malgré le sujet qui pourrait faire peur, on ne sombre pas du tout dans le morbide et le pathos. Un point négatif cependant : la fin est un peu décevante.

Mathilde, mai 2007

WEISBERGER Lauren / Le diable s'habille en Prada. - Pocket ; R WEI

Fraîchement diplômée, Andrea débarque à New York et décroche LE JOB de rêve ! Mais en tant qu'assistante de la tyrannique rédactrice en chef d'un prestigieux magazine de mode, elle va vite découvrir ce que le mot "enfer" ve dire. Son travail devient de plus en plus difficile à cause des demandes caprieuses de Miranda Priestly, sa supérieure despote.

Roman drôle et caustique à la fois, allant de rebondissements en scènes inimaginables en France. Lauren Weiberger a elle-même travaillé à Vogue en tant qu'assistante d'Anna Wintour, qui en est la rédactrice en chef. Celle-ci a d'ailleurs émis l'hypothèse qu'elle avait inspiré le personnage de Miranda Priestly, ce que l'auteure a nié... Ce roman a été adapté au cinéma avec Meryl Streep et Anne Hathaway dans les rôles principaux.

Chantal, mai 2007

ALI Tariq / Un sultan à Palerme .- Sabine Wespieser ; R ALI jaune

1153, la Sicile est dirigée par le roi normand Roger (alias sultan Rujari) qui, chrétien, fait cohabiter chrétiens et musulmans dans le respect et la tolérance. A sa cour, il protège les intellectuels musulmans et notamment le géographe Al-Idrisi qui revient de sa dernière navigation autour de la Sicile. Mais la mort annoncée du monarque ravive les querelles et convoitises des évêques et barons normands : pour apaiser les esprits, il se voit contraint de sacrifier le plus respecté de ses conseillers arabes, à la grande tristesse de son ami Idrisi…

Outre l’intérêt de l’intrigue très orientale et l’élégance du style, Tariq Ali joue sur une autre originalité : il écrit l’histoire du côté musulman. Son personnage très romanesque, Idrisi, est une figure symbolique de « l’Islam des Lumières » qui a favorisé la transmission à l’Occident de l’héritage grec et où toutes les confessions coexistaient harmonieusement Tariq Ali, d’origine pakistanaise, en exil à Londres, est une grande figure de l’extrême gauche britannique ; il tente par ce roman ( le 1er du cycle du «  Quintet de l’Islam » ) d’évoquer les convulsions du monde contemporain, et de plaider pour la tolérance entre les religions et les cultures.

Suzanne, mai 2007

SCHLINK Bernard / Le retour .- Gallimard ; R SCH

Alors que ses grands-parents suisses travaillent comme re-lecteurs pour une collection de littérature populaire, le jeune Peter Debauer lit, un jour, ce qui est imprimé au dos des brouillons : un soldat allemand prisonnier des Russes pendant la 2ème guerre mondiale s’évade et parvient à regagner son pays. Intrigué, il soupçonne un lien avec sa propre histoire et décide de mener l’enquête. Son père est-il mort à la guerre comme le prétend la légende familiale ? Cette longue quête entre la Suisse, l’Allemagne et les Etats-Unis l’entraîne, à travers l’histoire allemande , vers le passé de sa propre famille.

«Le retour» fait écho au «Liseur» best-seller mondial : même justesse de ton, même réflexion sur l’histoire allemande, même thème : le rapport (entre fascination et répulsion)des fils à leurs pères compromis dans la guerre. Malgré quelques longueurs, «Le retour» est un roman captivant, emblématique du malaise d’une génération d’Allemands, digne successeur du «Liseur».

Suzanne, mai 2007

INDRIDASON Arnaldur / La voix. - Métaillié ; R IND rouge

Une semaine avant Noël, dans un hôtel de luxe de Rekjavik, le portier, déguisé en père Noël est retrouvé assassiné dans ce qui lui servait de chambre, une cave de l’hôtel. Gudlaugur, surnommé Gulli était un quinquagénaire sans famille, sans relation, sans histoire. Le commissaire Erlandur, le Maigret islandais, décide de mener l’enquête ; il découvre que Gulli avait été à 12 ans un enfant prodige, un garçonnet à la voix d’or, à qui le père imposait un véritable esclavage pour faire de lui une vedette internationale ; il avait enregistré deux 45 tours, convoités par les collectionneurs… L’enquête est l’occasion pour Indridason d’explorer la face cachée de la société islandaise qui n’est pas seulement un paradis pour touristes en manque de plaisirs extrêmes : ici comme ailleurs, on se drogue, on se prostitue, on assassine par haine, par vengeance.

Son héros, Erlandur, que l’on a déjà rencontré dans ses ouvrages précédents, est l’archétype du flic solitaire, qui ne vit que par son travail, qui a raté sa vie (problèmes sentimentaux, familiaux) et navigue entre ses souvenirs et ses devoirs ; mais sa faiblesse même le rend humain, attachant. Enfin, l’intrigue solide et captivante tient le lecteur en haleine jusqu’à la fin : l’enquête piétine ou nous entraîne sur des fausses pistes pour mieux révéler le coupable Un polar bien construit, émouvant , d’un grand auteur nordique.

Suzanne, mai 2007

IRVING John / Je te retrouverai. - Ed. du Seuil ; R IRV

Fils d'une tatoueuse professionnelle et d'un organiste grand amateur de tatouages évaporé à sa naissance, Jack Burns, malgré ses 4 ans, est déjà arrivé à la conclusion que son père les a abandonnés, sa mère et lui, pour de bon. Après avoir sillonné tous les ports de la mer du Nord avec sa mère, Jack découvre le "Nouveau Monde" et grandit au milieu d'un océan de filles. Abusé par des femmes plus âgées que lui mais malgré tout grand séducteur, il décide, à 20 ans, de tirer parti de ses expériences pour faire carrière à Hollywood où il excelle dans les rôles de travestis.

Passionnant roman d'initiation, inlassable quête d'un père, singulière histoire d'une mémoire, sous influence, le dernier opus de John Irving mérite que l'on prenne le temps de le lire, y compris entre les lignes, malgré ses quelque 800 pages.

Chantal, mai 2007

LISCANO Carlos / Souvenirs de la guerre récente. – Belfond ; R LIS

Un jeune homme est arrêté chez lui par une patrouille et enrôlé dans une guerre dont nul ne sait rien. Dans un camp isolé, il subit une vie de soldat-prisonnier : une logique absurde l’oblige à garder un rocher, ramasser le crottin, remplir des documents administratifs inutiles… ; comme son auteur, dans les geôles d’Uruguay, le héros, après une tentative de résistance, s’évade par l’esprit, trouve même dans les règles militaires un sens à sa vie. Les jours et les mois passent mais l’ennemi reste invisible…

Carlos Liscanos développe une fable sur l’attente, ouvertement inspiré du « Désert des Tartares »mais aussi sur l’aliénation de l’individu : cette guerre n’est rien d’autre que le lent processus d’anéantissement par l’institution dominante. Son roman est d’autant plus fort qu’il use d’une écriture dépouillée et d’une incroyable ironie.

Suzanne, mai 2007

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